Boris Raux
Dossier mis à jour — 06/05/2026

A boat on the sea

A path on the sea, 2024
Ponton en morceaux de pirogues, bidons de gazoil, billes d’eau de mer et vidéo

— Œuvre exposée à Selebe Yoon, Dakar (Sénégal)
En collaboration avec Hamedine Kane


Pier made of pieces of fisherman pirogues, diesel drums, seawater bubbleballs and video

En 2023, Hamedine Kane est contacté par ClientEarth, un organisme d’expertise juridique, pour documenter les répercussions de la pêche internationale sur la communauté de pêcheurs du Sénégal. La pêche artisanale est confrontée à la rivalité écrasante de la pêche industrielle, à une surexploitation des ressources et une dégradation environnementale. L’artiste parcourt alors les côtes sénégalaises pour enregistrer les processus d’extraction et de transformation des espèces marines, collectant des témoignages de la communauté de pêcheurs et enregistrant l’état des côtes sénégalaises. À la galerie, il décide de transformer cette documentation à but juridique en une proposition artistique pour donner voix à l’océan et ses usagers.
En collaboration avec Boris Raux, l’un des membres de L’École des Mutants, il conçoit un ponton à partir de fragments de bois des pirogues récupérées sur le littoral. Espace ouvert aux visiteurs, telle une passerelle qui invite à la contemplation, le ponton est parsemé de bidons d’essence rouges utilisés pour les bateaux, disposés tel un bataillon.
Au sein de l’exposition, Hamedine Kane présente des séquences filmées : le quotidien des pêcheurs se juxtapose à des témoignages, suivis d’images d’enfants, de scènes contemporaines d’un rivage déserté par sa population, d’une industrie halieutique arrivée à épuisement.
Les œuvres incarnent simultanément la voix de l’océan et des communautés de pêcheurs, évoquant les espèces en voie de disparition, les affrontements marins entre bateaux et les départs migratoires vers l’Europe avec ces mêmes pirogues.

A boat on the sea [sunny sunday Brighton 04/10/2013 version], 2013
Profil de barque et eau de mer en bille, installation environ 8 x 5 m

— Œuvre exposée à Central Saint-Martin (Londres), à la maison du Japon, Paris


Shape of a small boat surrounded by seawater jellified bubbles, on site installation

Pour cette œuvre in situ, je pars collecter de l’eau de mer sur la côte la plus proche. Cette eau est déversée sur le sol entier du lieu d’exposition sous la forme de microbilles d’eau. Inertes et non toxiques, ces microbilles agissent comme des éponges transparentes et ne dénaturent en rien l’eau. Variant de 5 mm à 1 cm de diamètre, elles rentrent en symbiose avec le lieu et modifient son atmosphère. Elles s’évaporent lentement, mais aspergées de nouveau d’eau de mer, elles se regonflent perpétuellement.

Cette œuvre est aussi l’histoire d’une perte : les molécules olfactives si caractéristiques de l’embrun marin ne suivent jamais. De ce manque naît l’opportunité pour chacun de recréer en creux l’odeur de sa propre mer.

Au milieu de ce flot de billes, la ligne de flottaison d’un petit bateau se distingue, le mien. À moitié immergé ou à moitié submergé, c’est le symbole d’un projet artistique qui tente de ramener aux gens des villes leur mer. Peut-on réussir à déplacer olfactivement les éléments ?

© Adagp, Paris