Camille Ayme
Dossier mis à jour — 02/09/2026

Horizon Vertical, exposition

HORIZON VERTICAL

Exposition, École nationale supérieure de la photographie, Arles, 2025


Le point de départ de cette recherche est un constat assez simpliste. La très grande majorité des bâtiments érigés dans ce monde (qu’ils soient en pierre, terre, acier, béton ou brique) correspond à un trou, un vide, une absence aux endroits d’où les matières premières sont extraites. 

L’observation de notre environnement construit (villes ou bâtiments iconiques) m’amène à tracer, symboliquement ou littéralement, le fil entre les lieux d’extraction des matériaux de construction et la forme finale que prennent ces éléments dans le bâtiment érigé. La morphologie des villes contemporaines a fait émerger une skyline particulière, faite de tours toujours plus hautes, dont les pics et les décrochés ont influencé autant l’art, le cinéma que les rapports sociaux.

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En usant d’un regard qui se déplace verticalement - du trou à la tour - la thèse met en perspective des éléments disparates, maintenus ensemble par un mortier de micro-histoires et d'œuvres d’art et de fiction, essentiel pour imager mon propos. Ainsi, la personnification de lieux ou d’architectures autour d’une figure vivante (le paon de Colonnata, Evelyn McHale et l’Empire State Building...), me permet de dérouler une histoire amenant à s’identifier et à mieux identifier les problèmes et les enjeux qui résonnent fortement aujourd’hui. 

À partir de documents d'archives, d’analyse d'œuvres, de photographies et de visites sur le terrain, je souhaite rapprocher des paysages distincts - ceux de la source du matériau et le site urbain où il a abouti - tout en présentant les micro-histoires qui irriguent ces lieux. En parallèle de la recherche théorique, mon travail plastique vient prolonger et qualifier mon propos en caractérisant des lieux choisis pour leur histoire particulière. Pour cela, le recours à la photographie argentique (entre autres procédés) me permet une porosité entre le « génie du lieu » et la surface sensible. 

Dans un monde où catastrophes écologiques et évènements climatiques exceptionnels sont devenus hebdomadaires sinon quotidiens, il est essentiel de chercher des prismes éclairant le monde d’une lumière nuancée et peut-être plus optimiste avec l’art comme vecteur de sens.

King Kong against the Empire, 2025
Tissu Oxford 600D, 440 x 420 x 100 cm

Construire toujours plus haut implique de creuser toujours plus profondément. 

Marble skateboard, 2025
Marbre, acier, polyuréthane, 75 x 30 x 8 cm

Horizon vertical, 2025
Série photographique, tirages argentiques Lambda, 100 x 100 cm
● Voir la série

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Sans Titre, 2018
Terre cuite, émail Bleu de Sèvres, 20 x 27,4 x 56 cm

Evelyn, 2025
Carré de soie, 90 x 90 cm
&
Comment l’extraction du minerai de fer a conduit au suicide d’Evelyn McHale, 2025
Pièce sonore, 10'05
Voir la performance au Salon de Montrouge de 2021

15ème et dernier, 2025
Terre cuite émaillée, chêne, 112 x 80 cm

Wide Wide Brute, 2019
Pneu de 4x4 doré à la feuille de cuivre, 80 x 30 cm

Extérieurs bruts, 2025
Film couleur, 16 mm, 11'27
Voir le film

Photos : © Valentin Derom

© Adagp, Paris