Richard Monnier
Dossier mis à jour — 16/09/2012

Billes et treille

Billes et treille, 2007
Série de dessins, billes encrées sur panneaux de contreplaqué
Dimensions variable

● Texte de Richard Monnier, communiqué de presse de l'exposition, Galerie Yves Iffrig, Strasbourg, 2008

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L'orpailleur fait tourner le sable des rivières dans son tamis pour chercher des pépites. Je fais tourner des billes encrées à l'intérieur d'un cadre pour recueillir les traces de leurs mouvements. En roulant les unes contre les autres, les billes dessinent une sorte de grille ou de trame dont la forme varie en fonction de leur nombre et de leur diamètre. Pour réaliser les dessins sur panneaux d'1,50 m de côté, j'ai fixé horizontalement, en un seul point, un treillage (utilisé généralement pour étayer les plantes grimpantes sur les murs des jardins) dont le nombre de mailles présente ici autant de cadres articulés entre eux, autant de pantographes pouvant tourner autour d'un axe.

Dans la présente exposition, le dessin ne relève pas de la géométrie pure, les figures sont manifestement des artefacts, en témoignent les traces dues à l'installation et au frottement du treillage ainsi qu'à la sortie intempestive de quelques billes en-dehors de leur cadre. Mais ces panneaux ne sont pas pour autant que des tables de travail redressées et accrochées sur un mur. Les compositions sont complexes : apparitions de volumes, formations de tourbillons, impression de profondeur, et on se demande si elles sont le fruit d'un labeur ou d'une machine. En fait, je cherche mon idéal en dehors de cette alternative. Je veux créer un écart entre la simplicité de mes dispositifs et la diversité, voire la complexité, des formes qu'ils produisent. Le modèle inatteignable de cette attitude, un geste minimum qui provoque une figure parfaite, c'est la nonchalance infaillible du maître qui fait des ronds dans l'eau.

Réalisation