Fabrice Lauterjung

Dossier mis à jour — 03/05/2018

Né⋅e en 1978

Vit et travaille à Lyon

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Diplômé des Beaux-Arts de Saint-Étienne en 2003 et du post-diplôme de Lyon en 2004, Fabrice Lauterjung enseigne à l’ESAD et à l’Université Jean Monnet de Saint-Étienne.

« Filmer ne serait pas tant fixer des instants que leur impossible itération. Là est l’enjeu de ce qui serait ma définition du cinéma. D’abord enregistrer des images – comme on tend l’oreille pour écouter d’anciennes fables – puis, écouter ce qu’elles racontent : extraire de leur contenu manifeste un contenu latent. Si l’espace urbain est souvent le théâtre de mes errances, il est avant tout prétexte à la déhiscence des images qui le capturent. Le rythme des grandes villes est propice aux surprises et ne se piste qu’en pointillé – à la cadence d’un mécanisme d’enregistrement. Si l’usage de la pellicule Superhuit est fréquent, c’est d’abord pour son métrage bref – 15 mètres, durée fugace. Ensuite interviennent ses propriétés argentiques, qui mettent à distance le résultat de son origine : impossible en effet d’avoir instantanément accès aux choses filmées, d’abord doivent-elles être développées. Cette attente participe à l’élaboration narrative qui s’ensuivra : aux images du filmage que la mémoire conservait imparfaites, se superposent celles fixées sur la pellicule développée, une fois visionnée. Elles sont ensuite vues et revues, comme mises à la question. Alors, comme ces fables que, par devoir, nous transmettons à notre tour, les images qui l’ont fait naître assignent à la parole un nouvel espace : le film.
À cette approche dominant mon travail, s’ajoute une série d’expériences – certaines cinématographiques encore, d’autres vidéo-musicales, d’autres enfin textuelles – que je nomme « de circonstances », plus contraintes, mais tout autant constitutives de ma démarche. »

Fabrice Lauterjung, 2012