Roches sonores, 2025
Roches sonores, depuis 2025
Diptyques photographiques
Équipe technique : Laure Subreville (images), Guillaume Cassagnol (prise de son)
« J’ai conçu ces diptyques comme des fragments du paysage autour de Gorafe. Chaque diptyque met en relation une photographie en noir et blanc, presque muette, avec la visualisation sonore d’un enregistrement effectué au même moment et dans le même lieu. Le son réel, diffusé par une enceinte séparée, complète l’installation en intervenant dans un second temps.
Ce qui m’intéresse dans cette œuvre, c’est le rapport formel entre l’image et le son. Les deux sont complémentaires, tant sur le plan symbolique qu’esthétique. Le graphique sonore matérialise quelque chose d’aussi évanescent et insaisissable que le son d’un lieu. Tout le spectre sonore est retranscrit, y compris ce qui échappe à la capacité d’audition humaine.
Le spectre audio se construit de la même manière que le paysage photographié : par couches de sédiments. La partie inférieure de l’image renvoie aux basses fréquences et autres vibrations inaudibles, représentant en quelque sorte le sol et la roche dure de ce paysage sonore. En revanche, les ponctuations répétitives et régulières au centre de l’image représentent des événements tels que les chants d’oiseaux et les mouvements d’air. Ainsi, les deux images, côte à côte, révèlent non seulement une histoire géologique du paysage étudié, mais témoignent aussi d’un geste éphémère : mon passage dans ce désert.
Les temporalités, bien que distinctes, se rejoignent dans ces clichés et forment un intervalle. Il s’agit d’une mémoire fragmentée des paysages. » — LS