Ce qui nous rassemble
Ce qui nous rassemble
2019
Cinq éléments, sangles cousues et socles en métal, dimensions variables
Création en résidence artistique, Musée-Château, Annecy, 2019
— en partenariat avec le label Ville d'Art et d'Histoire
• Lire Pour les sculptures d'Awena Cozannet, texte de Laëtitia Bischoff, TK-21 La revue, n°104, 2020
Cinq formes minérales et organiques composent un paysage, lac en absence et monumentalité de la montagne. L’installation appelle au corps dans le creux de ses lignes sensuelles, plis, strates, sédimentations de roches. Ce qui nous rassemble invite à réfléchir à notre histoire commune, à ce qui nous lie et nous structure. Elle interroge la notion de frontière et la notion d’écart entre soi et l’autre, ce qui définit notre identité. Elle questionne la frontière physique et celle de notre pensée en résonance avec l’urgence du déplacement et la nécessité du mouvement à l’aune de l’actualité migratoire et climatique.
Chaque sculpture est conçue à partir de sangles haute ténacité destinées au rebut car non conformes, sangles mortes selon le vocable industriel, entre deux bains de teinture, sangles couleurs vert d’eau, rivière, prairie, bleu glacier et blancheur des crêtes.

Vue de la Biennale Internationale de sculpture, Chapelle Saint-Claire, Saint-Paul-de-Vence, 2021
Photo : © François Fernandez







Vue de la restitution de résidence, Musée-Château, Annecy, 2019
« Terre, branchages, toison teinte, corde, soie, feuilles de bambou, palmier, pierre de rivière, coton smocké, poussière de goudron, filet de pêche, cuivre, câbles, papier, perles d’argent, cuir, lames de métal, corail, nacre, fragments de béton, sangles de portage, fer à béton… L’inventaire des matériaux présents dans l’œuvre d’Awena Cozannet est long. Il témoigne d’une cartographie complexe et humaine, des lieux où elle a travaillé et habité. Devenant par la couture, l’assemblage et le nœud, des sculptures, elles évoquent tantôt un nid, un cocon, un organisme mouvant, une excroissance vivante, tantôt une parure, un sac, un habitat précaire, ou encore une ligne d’horizon, une ligne de flottaison, un bord du monde. Ces formes dans l’espace sont autant de métaphore frontière, d’identité géographique, de possibilité de s’implanter là, sur ce lieu, à même le sol brut de bitume ou de béton, ou de s’y déplacer avec plus ou moins d’aisance, de bagages lourds, de charges à porter et à traîner derrière soi. » [...]
— Extrait du texte Ce qui nous rassemble↗ de Lucie Cabanes, Musées d’Annecy, Les éditions de l'Œil, 2020