Awena Cozannet
Dossier mis à jour — 27/02/2025

On marche sur la tête

On marche sur la tête
2017-2019

Série de sculptures, dimensions variables

L’homme tire profit de tout ce qui existe.
Jusqu’à usure. Jusqu’à épuisement.
Son présent est absolu.
Il pourrait aller au bout de son entreprise. 
Dépasser la frontière. Tirer profit de l’autre
jusqu’à sa mort, son étouffement, sa noyade, 
son asphyxie, sa crise.
La violence fait rage dans le monde.
Des milliers de personnes sont sur les routes.
Guerres, migrations, folie meurtrière, avidité. 
On marche sur la tête.
On marche sur une route improbable, infernale.
On épuise les ressources.
On est capable du pire. On voit des camps 
démantelés. Des maisons en tissus offertes
par des bénévoles, des solidarités, saccagées, bafouées. On voit des vies brisées pour rien. 
Rien de grand. Les écarts s’accentuent. 
Le sujet de la frontière. Entre l’un et l’autre. 
Entre soi et autrui.
On voudrait que le prix de l’existence augmente.
On persiste.

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L'étau, 2019
Cordes et coton cousus, chaînes, crochets et tente, 90 x 70 x 150 cm

Pieds et poings, 2019
Sangles techniques et de levage, cuir et tissus, 130 x 73 x 50 cm

Pieds et poings se présente comme deux longs tubes qui ressemblent à de longues manches de sangles et de cuir cousues, une forme qui pourrait vraissemblablement accueillir le repos d’un visage ou d’une pensée, dans une attitude corporelle de contemplation. Posée sur un socle de métal, elle invite le corps à endosser la sculpture bien qu’aucune interaction physique ne soit possible. 

Où est la maison de mon ami ?, 2019
Corde et coton cousus et béton, 48 x 75 x 38 cm

La trappe, 2019
Sangles cousues, 50 x 140 x 120 cm

Écouter voir, 2018-2019
Sangles, gilets de sauvetage, filet et tissu, 220 x 105 x 50 cm

Le maillon, 2019
Cordes cousues, gilet de sauvetage, béton et crochet, 75 x 90 x 50 cm

Océan, 2018-2019
Chutes de cuir cousues, 43 x 68 x 50 cm

Partance à la pierre, 2017-2018
Sangles et pierre, 38 x 60 x 45 cm

Démantèlement, 2017-2018
Sangles de portage cousues, tricot et métal, 100 x 120 x 150 cm

Les démantèlements se multiplient. 
Souvent dès l’aube. Par surprise.
Comme une autodestruction impitoyable. 
Déni de la matière du monde. De l’autre. 
Aveugles de soi à soi. La sculpture ne représente 
pas d’autre forme que celle de sa destruction. 
Les sangles sont cousues comme 
balayées, déclassées, bafouées, 
tels certains hommes, certaines minorités. 
Une forme peut-elle représenter une non forme ? Questionner la valeur et la forme de l’existence. 
Un jour en résidence au Pakistan, sur la frontière 
chinoise, un homme m’a dit qu’en Chine, l’ombre 
du travailleur avait plus de valeur que le travailleur. 
C’est de cela dont il est question.


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Vue de l'exposition Tout est lié, Centre d’art contemporain Chabram², Touzac

© Adagp, Paris