Florent Meng Lechevallier
Dossier mis à jour — 02/05/2017

Chroniques Palestiniennes

CHRONIQUES PALESTINIENNES (projet de recherche en cours)
Essai documentaire, film HD, 150 min, Arabe sous-titré français, Rammalah, Cisjordanie
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Essai documentaire sur la conservation, la réinvention et l'utilisation d'une danse traditionnelle comme outil de réapropriation identitaire.
- Répétition et création de chorégraphie
- Lexique des mouvements
- Interviews des principaux acteurs des écoles de danse à Rammalah.
- Mise en contexte avec les évènements politiques qui animent la Cisjordanie entre 2014 et 2017
Au début du vingtième siècle, la dabké est une danse principalement masculine, villageoise, peu codifiée, où les rôles de chanteurs et de danseurs n'étaient pas strictement délimités et que l'on pratique à l'occasion de célébrations, pas seulement en Palestine mais dans toute la région du bilad al-sham (Palestine, Liban, Syrie et Jordanie). C'est une danse rythmée par des pas sautés et des claquements de pieds, non guidée par un meneur, dont on retrouve de multiples variantes régionales. Dans les années 1960, la dabké s'est installée dans le paysage culturel régional sous cette forme modernisée. Elle est alors l'objet d'un autre bouleversement par l'intérêt que lui porte le jeune mouvement national palestinien. Elle est reconnue pour sa force mobilisatrice et son implantation dans les différentes communautés palestiniennes. Parmi les premiers professeurs à venir enseigner dans le cadre informel des festivals se trouve une troupe de danseurs, qui ont séjourné dans les écoles des ballets de Moscou. Ils firent d'autres propositions chorégraphiques que celles qui composent les mouvements de base de la dabké proche-orientale.

Ce mouvement de réinvention de la dabké fait aujourd'hui de cette danse l'un des marqueurs identitaires palestiniens les plus emblématiques. Apprendre la dabké ou l'arabe, tout comme explorer le pays, sont des procédés d'acculturation fréquents pour ces enfants de la diaspora. Reste que si les premières dabké s'accompagnaient de chansons sur la cueillette des olives ou les mariages, on a pu entendre en boucle, à la radio ou sur les marchés en Palestine, la fameuse « udrub, udrub Til Abib » (frappe, frappe Tel-Aviv) composée par de jeunes gazaouis après les attaques contre Gaza en novembre 2012 et les roquettes lancées par le Hamas qui, pour la première fois, touchaient la capitale d'Israël.

● Prise de vue : Cisjordanie depuis mars 2014 (camera : Canon 5D, format 1:85, Stéréo)
● Traduction : Esra Obaied

© Adagp, Paris