Harald Fernagu

Dossier mis à jour — 27/05/2026

Né⋅e en 1970

Vit et travaille à Chanonat

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Harald Fernagu est né en 1970 à Cherbourg. Il vit et travaille à Chanonat, petit village d’Auvergne près de Clermont-Ferrand. Diplômé de l’ENSAD de Dijon en 1999, il a enseigné à l’ESAGV de Grenoble puis à l’ENSA de Nancy jusqu’en 2016, année où il démissionne de la fonction publique pour mieux se consacrer à ses recherches. Il reste néanmoins engagé auprès des jeunes générations d’artistes : il a été responsable des expositions du centre d’art ELEVEN STEENS à Bruxelles de 2021 à 2024, où il a rédigé des notices critiques sur le travail des artistes exposé·es. Il participe aujourd’hui à l’accueil de jeunes artistes en résidence à Chanonat, au sein de l’association Champs libres.

Avant d’être artiste, Harald se veut citoyen. Il milite pendant vingt ans dans les communautés Emmaüs de Bourgogne, où il met en place des séjours de vacances pour les personnes les plus fragiles. Cette expérience de vie marquera profondément sa pratique artistique. En découle une série de photographies fictionnelles réalisées lors de ces séjours avec les compagnes et compagnons.
Les liens sociaux, les microsociétés, la guerre, la résilience et les pratiques populaires du bricolage sont des éléments récurrents dans son travail. Il explore la géographie du monde dans un rapport de proximité, à l’échelle de son corps. Sa matériauthèque est faite de glanages aux abords de son atelier, dans les ressourceries ou sur Leboncoin. Il travaille avec les limites de ce que son corps peut porter. Les objets en réemploi sont les images d’usages révolus. Dans son atelier, ils sont réduits à leur forme, à leur matérialité. Agglomérés entre eux, ils construisent les silhouettes d’images communes (une mobilette, des immeubles, un avion, des bateaux, un reliquaire, etc.). À distance, le regard se perd dans cette illusion, croit en l’image. À proximité, les objets en réemploi reprennent leur propre narration. Ce va-et-vient narratif crée une connivence avec le spectateur, la spectatrice - une familiarité. Ce double regard questionne la nature même de ce que nous regardons.
La matérialité ressentie des formes, l’espace ainsi sculpté, anime notre corps tout entier ; le regard devient observation, attention. Nous faisons alors l’expérience physique du réel, de l’ontologie d’un langage plastique singulier.