Les cuirassés / Les jouets qui trainent
Cuirassé de désencerclement
2020 — Techniques mixtes, métal, 168 x 146 x 161 cm
Les Cuirassés
2018 — Techniques mixtes, métal, planches, tréteaux, 140 x 450 x 210 cm
Construits par l’assemblage de rebuts métalliques et bien qu’immobiles, ces bateaux semblent en état d’alerte, prêts à guerroyer. Comme dans Les Sabines de David, la bataille est suspendue sur le fil qui sépare la guerre de la paix.
L’ennemi de cette fiction n’est pas désigné, il est latent de l’époque que nous vivons. Chaque jour, les médias nous informent d’un nouveau conflit armé dans le monde, de bombes qui explosent, de missiles ou drones détruisant, tuant des civils ou militaires. Ces cuirassés à l’allure fatiguée, d’un autre temps, patientent entre devoir et résignation, les guerres qu’ils suggèrent sont les nôtres, à venir, imminentes.
Vue de l'exposition Sans tambours ni trompettes, en partenariat avec le Parvis (Pau), Musée de Tarbes, 2017
Vue de l'exposition Sans tambours ni trompettes, en partenariat avec le Parvis (Pau), Musée de Tarbes, 2017
Vue de l'exposition Sans tambours ni trompettes, en partenariat avec le Parvis (Pau), Musée de Tarbes, 2017
Vue de l'exposition Memento mori, Centre d'art Polaris, Istres, 2014
Photo : © Jean-Christophe Lett
Vue de l'exposition Memento mori, Centre d'art Polaris, Istres, 2014
Photo : © Jean-Christophe Lett
Les jouets qui trainent
1999-2000 — Installation de 30 m2, techniques mixtes, 200 véhicules de guerre composés de rebuts métalliques
Collection FRAC Bourgogne
Les jouets qui trainent sont ceux de la guerre froide, de la colonisation, de tous ces conflits du monde que nous avons exacerbé pour mieux les instrumentaliser au service de nos intérêts occidentaux. Ils sont aujourd’hui comme les jeux guerriers d’un enfant ayant quitté sa chambre, prêts à s’enflammer loin des regards.
Si la fabrication des véhicules se veut simple, elle a néanmoins demandé deux années de travail pour collecter les matériaux nécessaires à leur construction. Ce travail à la chaîne a parfois été lassant, par son caractère répétitif. Je me suis contraint à construire même les jours sans motivation. Ces temps de travail ont donné lieu à des objets que j’appelle « énervés », où la ressemblance du montage avec un char ou un camion est davantage forcée. Cette alternance dans la fabrication, d’envie, de plaisir et de contrainte forcée, dynamise visuellement l’ensemble de l’installation, offre une plus grande diversité à ses qualités sculpturales.
Vues de l'exposition Cosmos, Musée Minsheng, Shanghai (Chine), 2015