Wanderer's sculptures
WANDERER'S SCULPTURES 1-12, 2008-2010
66 images, 12 livrets photo dans un coffret, 24 x 16 cm
Édition de 5 coffrets (Scan : Ektachromes 135, impression laser)
« Les Wanderer Sculptures représentent une suite photographique présentée sous forme de tirages numériques et publiée en un ensemble de 12 livrets. Les images se veulent de courtes séquences gravitant autour de leurs sujets. Elles proposent en effet plusieurs points de vue de lieux et d'objets indéfinis, occupant une position de désuétude transitoire. Ces formes, aussi proches de la sculpture que du sujet photographique, sont enregistrées au fil de longues marches. Elles impliquent ainsi une extrapolation du concept de sculpture, à partir du sujet — la ville, précisément un objet ou une architecture — qui est extrait et enregistré par l'œil photographique.
Se distinguant du point de vue habituel en une seule prise, l'ensemble photographique tend à façonner la sculpture du marcheur : en offrant plusieurs points de vue, il crée une sculpture en ronde-bosse, l'appareil remplaçant ainsi la main ou l'outil. Par ailleurs, ce projet de « marche démocratique » tend à définir l'espace urbain comme espace de studio. Selon Michel de Certeau, la marche est liée à l'environnement urbain en termes d'énonciation : « L'acte de marcher est au système urbain ce que l'acte de parole est à la langue ou aux énoncés proférés. »
Suivant cette idée, on peut considérer davantage les Wanderer Sculptures comme une énonciation, un langage, une révélation liée au système de la marche et au système urbain. Il est en outre essentiel de prendre en compte ici la notion de rencontre, comme non-intervention faisant de la photographie un simple moyen d'encadrer et de conserver une « pièce donnée », la transformant en sculpture manifeste.
Dans ce projet, l'image se construit dans sa totalité. Nature morte urbaine, fossile épuré, l'image autonome se définit au sein de son ensemble, comme élément d'observation. Cet ensemble suggère un mouvement passé ou à venir, posant la question du contexte entourant le sujet, c'est-à-dire l'espace sculptural. Par un ensemble de résonances, ces photographies d'objets font appel à l'imagination du spectateur, comme autant de possibilités de sculpture mentale. »
— Julia Guillon, 2010
WANDERER'S SCULPTURES 13, 2012
Édition, projection et lecture
Édition d'artiste, 16 pages, 24 x 16 cm, Impression laser
Tirage de 50 exemplaires pour l'exposition In absent places We Dwell, Piano Nobile, Genève
Le livret 13 accompagne une lecture performée à Piano Nobile, Genève, lors de l'exposition In absent Places we Dwell de Vianney Fivel, Ceel Mogami de Haas et Marie-Eve Knoerle.
Le texte interroge le statut des monuments aux morts dans la ville de New York. Le monument « dédié a ceux qui ont survécu » aux attentats du 11 septembre 2001, situé dans le Silvertein Familly Park près de Ground Zero, est mis en regard de l'absence de monument à Central Park, mentionnant l'existence de Seneca, un village d'esclaves émancipés. Les habitants de Seneca furent expropriés pendant la construction du parc en 1857.
Site 2 : Silverstein Family Park
Site 3 : 9/11 Memorial Center
— Lecture performée, Piano Nobile, Genève, 2012 / ↗ Voir un extrait du texte