Johan Parent
Updated — 17/02/2026

Installations

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Cataracte, 2024
Miroirs convexes poncés, diamètre 60 cm (x3)

L'installation Cataracte est constituée de trois miroirs de surveillance circulaires convexes. Chacun des objets a été poncé, laissant apparaître en son centre une pupille blanchâtre et occultante. Via ce geste à la fois simple et contreproductif, la surface réfléchissante perd sa principale fonction motrice, puisque sa réflexion n'est possible que par sa partie périphérique. Pour l'objet, il n'est donc plus vraiment possible de renvoyer et de spatialiser une vue d'ensemble claire et objective de ce qu'il a devant lui. Ce principe d'aveuglement et de négation, induit par une opacification partielle, révèle, tant de manière paradoxale que littérale, la fonction primaire du miroir : une sorte d'œil qui capte tout ce qui entre dans son champ de vision. Cependant avec Cataracte, l'appareil oculaire est altéré, voire malade. Si le spectateur se place devant l'œuvre pour s'admirer, il fera l'expérience de l'absence ou de la quasi disparition de l'image de son portrait.

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Élévation, 2024
Module à dimensions variables

Les piliers de l’installation se dressent comme des organismes en quête de lumière, tels des plantes phototropes qui étirent leur masse vers les néons suspendus. Mais ce mouvement ascensionnel, loin d’illuminer l’espace, engendre paradoxalement des zones d’ombre et fragmente la perception du lieu. En cherchant la clarté, la structure produit son contraire. La circulation se trouve contrainte, déviée, orientée par ces volumes qui sculptent le vide autant qu’ils l’obstruent. Le visiteur avance alors dans une semi-obscurité construite, où la lumière n’éclaire jamais pleinement et où l’architecture semble prendre vie, se déployant contre lui.

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. Barrer le seuil, L’Angle - Espace d’art contemporain, La Roche-sur-Foron, 2024

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Paravent, 2023
Techniques mixtes, 600 x 200 cm

Cette œuvre est une installation sculpturale modulable, composée d’un paravent aux éléments mobiles et variés. Les panneaux en bois ou miroir sont pivotants, afin de permettre un jeu d'ouverture et fermeture. Certains cadres restent vides pour faciliter le passage entre les deux côtés de cet objet à demi fonctionnel. Par sa multiplicité de points de vue et sa dimension ludique, l'œuvre porte une réflexion sur la séparation et la frontière, la transparence et l'intimité, le privé et le public. Le spectateur, qu'il soit contemplatif ou qu'il interagisse, devient acteur de sa propre perception de l'espace, jouant avec les frontières visibles et invisibles des espaces intimes et partagés.

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Sinkhole, 2014
Cloison, lentille optique (7 cm), maquette de 200 x 80 x 80 cm, dispositif réglable
— Collaboration avec Virginie Piotrowski — Production le Bel Ordinaire, Pau

Sinkhole est un dispositif dont le titre fait référence aux dépressions dans le sol causées par effondrement. L'installation présente un espace clos et confiné, auquel le visiteur ne peut accéder que par le regard, via une lentille placée dans une cloison qui l'en sépare. L'espace est condamné, comme pour suggérer un éventuel danger dont le regardeur est mis à distance. Il ne peut être que l'observateur d'une anomalie mise en quarantaine : le sol de la pièce est absent, l'espace s'enfonce dans le vide. Assigné à un point de vue unique et frontal, le spectateur est amené, par omission, à générer des hypothèses sur cette construction impossible.

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Écho, 2012
Miroirs convexes motorisés, diamètre 60 cm (x6), mâts métalliques, installation à dimensions variables

Écho se compose de six miroirs convexes, similaires aux miroirs de surveillance et d’orientation utilisés dans l’espace public. Motorisés et installés sur des mâts en fer, ils s’apparentent à des sentinelles balisant l’espace d’exposition. Le phénomène de reflet, démultiplié, génère une mise en abyme du lieu. Ainsi magnifié, l’espace est en même temps rendu rigide, coercitif, presque militarisé, par le balayage des miroirs et l’effet de mirador. Par ce jeu de points de vue, de travellings et de reflets mobiles, le visiteur fait l’expérience d’une vision instable et ambivalente.

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. Asphalt, dans le cadre des Galeries Nomades de l'Institut d'art contemporain, Villeurbanne/Rhône-Alpes, La Serre, Saint-Étienne, 2012

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. Asphalt, par Jean-Marie Gallais, 2012

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Persistance, 2012
Néons en marche débranchés, dimensions variables

Plusieurs néons continuent à éclairer vigoureusement alors même que l’alimentation semble coupée puisque les fils électriques pendent le long du mur. Jean Baudrillard a montré en quoi « les objets tendent à se constituer en un système cohérent de signes », à l’image de la société de consommation (Le Système des objets, Gallimard, coll. Tel, 1968). La modernisation de l’économie et de la société a vu l’avènement de l’automatisme. Se projetant en quelque sorte dans les objets fascinants qu’il a fabriqués, l’homme leur a conféré une autonomie croissante, finissant par perdre peu à peu son pouvoir de contrôle sur eux. Désormais détachés de ce qui rendait encore nécessaire la présence de l’homme – la fabrication et la répartition de l’électricité –, ces néons sont devenus incontrôlables, des « machines célibataires », seuls détenteurs de leur capacité à produire de la lumière.

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. Sfumato-Vertigo, Centre d’Art de Flaine, 2015
. Asphalt, dans le cadre des Galeries Nomades de l'Institut d'art contemporain, Villeurbanne/Rhône-Alpes, La Serre, Saint-Étienne, 2012

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. À propos des machines hypocondriaques, par Anthony Lenoir, 2011

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Objet asphixié (série d’installations), 2010-2012
Machine à fumée, cabane de chantier, caisse de transport, voiture,
dimensions variables

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. Asphalt, dans le cadre des Galeries Nomades de l'Institut d'art contemporain, Villeurbanne/Rhône-Alpes, La Serre, Saint-Étienne, 2012