Dessin-parc
Série de 11 dessins, fusain sur papier, 21 x 29,7 cm
Le passage au gris, comme le film noir et blanc d'ailleurs, fait apparaître l'existence singulière des objets. En mêlant paysages réels et paysages imaginaires, je touche à la présence et à l'absence, dans cette interrogation autour de la réalité, de sa perception, de la mémoire et de la représentation. D'une approche photographique et documentaire, la réalisation de la série Dessin-Parc s'achemine vers une recherche mettant en relation les notions personnelles et collectives de paysage et de territoire.
Le parc est le territoire d'un monde d'enfants et d'enfance. Dans le paysage urbain très dense et industriel du Japon, on trouve ici et là de petits parcs isolés et protégés. La mise en scène utopique de cet espace m'intéresse tout particulièrement pour les souvenirs d'enfance qu'ils m'évoquent autant que pour ce qu'ils représentent dans le tissu urbain et social d'une ville et de son évolution. J'ai beaucoup joué dans ces endroits. Aujourd'hui, ils sont déserts. Changement d'habitudes sociales ou baisse de la natalité, le parc crée un vide onirique dans la ville japonaise d'aujourd'hui. Seuls et abandonnés de leurs fonctions, la balançoire, le toboggan, la barre en fer, les animaux en plastique écaillé et les allées d'arbres subsistent dans un silence total. Je vois un lien très fort entre le parc qui limite le monde utopique des enfants et le dessin qui limite le territoire imaginaire, d'où le nom de Dessin-Parc qui devient une métaphore tautologique.
Keiko Machida, 2010
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Parc_01
Parc_03
Parc_02
Parc_04
Parc_06
Parc_07
Parking
Tournesol
Bouleaux
Balançoire
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Collection du Fonds d’art contemporain de la Ville de Genève
Sapin
Vues de l'exposition Micro-narratives, Salle Crosnier, Palais de l'Athénée, Genève, 2011