Les éclaireurs, 2023
Les éclaireurs, 2023 (bande-annonce)
Vidéo couleur HD 16/9, 12 min.
Court métrage produit dans le cadre d’une résidence de création et de transmission portée par Pollen, Monflanquin
Les participant·es : Zoé, Paolino, Flora, Louise, Thomas, Elisa, Lise, Sway, Virgile et Sébastien
Ingénieur du son, mixage et musique : Guillaume Cassagnol
Avec le soutien de la Drac Nouvelle-Aquitaine, de la Région Nouvelle-Aquitaine, du Département du Lot-et-Garonne et de la Mairie de Monflanquin. Pollen est membre du Réseau Astre.
« Dans un monde qui ressemble au nôtre, mais où le son n’existe plus, un groupe d’adolescents quitte son village pour explorer les forêts et les lacs alentours. Avec du matériel de captation sonore rudimentaire, ils tentent de faire réapparaître ce monde perdu.
Les éclaireurs se situe entre la fiction et l’archive. À travers l’aspect très technique de la prise en main du matériel de l’ingénieur du son, du cadreur ou encore du musicien, les participants sont invités à jouer un rôle d’éclaireur et à prendre possession de l’espace sonore pour collecter toutes sortes de sons en milieu naturel : les environs de Monflanquin. Ce milieu à la fois très familier et opaque pour les jeunes, résonne d’une quantité de bruits auxquels on ne fait pas attention au quotidien. De nombreux artistes et spécialistes du son ont étudié les forêts, je propose de reprendre les recherches à notre manière, avec une pointe d’humour mais beaucoup de sérieux dans nos méthodes, pour créer un film qui retrace notre expérience.
Images extraites du film
L’environnement du Lot-et-Garonne n’échappe pas aux bouleversements climatiques en cours : la température monte, les lacs s’assèchent et les espèces de faune et de flore remontent vers le nord de l’Europe. Il me semblait alors intéressant d’imaginer le paysage sonore de demain, à travers un film de fiction.
Durant le workshop, les participants ont utilisé notamment des micros de contact et autres dispositifs permettant de capter et de provoquer des évènements sonores hors de portée de nos sens. L’idée était de déployer ces outils à l’intérieur même de la forêt, de l’arpenter afin d’isoler les sons de chaque zone, de chaque parcelle et même des fourmis dans le sol. C’est toute une symphonie et un chant humain quelque peu magique qui s’offraient à nous. Au fur et à mesure des expérimentations, les participants à la fois devant et derrière la caméra, ont tissé, je l’espère, un lien nouveau avec leur environnement et ont commencé à en écouter chaque son, chaque variation rythmique. Ainsi, les samples récoltés ont été transformés à l’aide d'un arsenal de synthétiseurs de musique électronique : c’est toute une cosmologie sonore qui entre en jeu et se percute pour trouver enfin une place dans le film. Au-delà de la recherche musicale, ce projet mène une réelle approche de réflexion sur l’urgence climatique, l’esprit de partage et de communauté, mais aussi et surtout, l’avenir des prochaines générations. » — LS