Florent Meng Lechevallier
Updated — 02/03/2026

SN/AZ I

SN/AZ I : TRAILS OF SASABE, 2016-2017
Baja California & Sonora (Mexique) / Californie & Arizona (États-Unis)
Ensemble indissociable de 13 photographies tirages jet d'encre, 64 x 80 cm (5) ; 64 x 51,2 cm (8), accrochage en ligne

Travail photographique sur 1500 km, des deux côtés de la frontière entre les États-Unis et le Mexique.
Série réalisée dans le cadre de la résidence au Centre Photographique d'Île-de-France de janvier à mars 2017.

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Le désert de Sonora, qui s’étend entre l’État mexicain du même nom et l’Arizona, est devenu depuis l’Accord de libre échange nord américain (ALENA) l’un des principaux couloirs migratoires de l’ouest des États-Unis pour des migrants principalement originaires d’Amérique centrale et du Mexique. Cet accord, signé en 1994 entre les États Unis et le Mexique, visait à créer une vaste zone de libre échange, mais a contribué à l’appauvrissement de millions de petits agriculteurs mexicains.

La majeure partie de ce territoire, composée de réserves naturelles, est traversée par un mur discontinu. Cet espace immense, constamment surveillé, est soumis pendant six mois de l’année à des conditions climatiques extrêmes, contraignant les migrants à emprunter les zones les plus isolées et les plus désolées, parcourant parfois jusqu’à cinq jours de marche pour atteindre les villes les plus proches. Nombre d’entre eux meurent d’épuisement ou de déshydratation après s’être perdus dans le désert.

Dans la série Trails of Sasabe, les images donnent à voir l’absence d’eau, cause principale de mortalité pour celles et ceux qui traversent et se fondent dans le désert, disparaissant du regard de ceux qui les traquent. Cet ensemble d’images interroge la représentation de celles et ceux qui ne seront jamais retrouvés, dont l’existence ne peut être évoquée qu’à travers des images métaphoriques et elliptiques.

Les objets abandonnés le long de ces chemins structurent la série. Le mur frontalier n’apparaît que dans une seule image, prise à Tijuana, où il se dresse à l’arrière-plan d’une fleur de moutarde poussant dans le no man’s land qui le borde. Cette plante, utilisée par les missionnaires catholiques à la fin du XIXe siècle, servait à baliser les routes menant du Mexique aux États-Unis.

— Vues de l'exposition Comme un parfum d'aventure, Musée d'art contemporain de Lyon, 2020

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— Vues de l'exposition Maybe a Few Minutes Out of a Million, L'Assaut de la menuiserie, Saint-Étienne, 2018

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— Vues de l'exposition The Sound of Screens Imploding, Biennale de l'Image en Mouvement, Centre d'Art Contemporain Genève, 2018

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— Vues de l'exposition Littéralement et dans tous les sens, Galerie Air de Paris, Paris, 2018

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— Collection Fonds national d'art contemporain

© Adagp, Paris