Camille Ayme
Updated — 02/09/2026

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Biographie

Camille Ayme est née en 1983 à Saint-Étienne. Elle est architecte (École nationale supérieure d'architecture de Paris, 2010), artiste (École nationale supérieure d'arts de Paris-Cergy, 2012) et chercheuse (PhD, Université Aix-Marseille & École nationale supérieure de la photographie d'Arles, 2025).
Elle poursuit un travail plastique autour des composantes de la ville moderne et de la mobilité - notamment en voiture et en skateboard. Après ce travail approfondi nourri d’un regard horizontal, elle change d’angle et jette un regard vertical à son environnement. Elle développe ce regard de manière tant théorique que plastique au cours de sa thèse intitulée Horizon Vertical.

Si son emploi de la photographie prend toujours des formes variées (projections diapositives, éditions ou tirages), ses personnages ou lieux semblent figés dans le temps, comme abandonnés. En 2010, sa collaboration à la série télévisée Skins (MTV) à New York lui permet de repenser la notion de character, de décor et de fiction. La même année, elle part en Californie en quête de villes aux destins atypiques. Elle y constitue le premier opus d’un ensemble de pièces intitulé California City. Dans la continuité de ce projet, elle réalise Salton Sea, lac salé emprisonné dans le désert californien à la limite de l’Arizona. Ces photographies volontairement surexposées évoquent la qualité disparaissant de ce lieu unique, et seront exposées au Musée Albert-Kahn. 

Lauréate en 2013 de la bourse Delano-Aldrich et Emerson de l’American Institute of Architecture, elle met en tension les États-Unis et la France, pour dessiner les contours d'une cartographie des banlieues devenue une reproduction mondiale. Le résultat de ce travail de terrain est montré après une résidence de 12 mois à la Cité des Arts à Paris (2014-2015). En 2016, sa première exposition personnelle notable à la Galerie Virginie Louvet, Sédimentalisme, lui permettra de formaliser sa réflexion sur des énergies fossiles baignées de nostalgie. Des photographies couleur, tirées à la main, tendues et rivetées dans des cadres en acier, présentent des scènes qui pourraient être les dernières de films d’anticipations dystopiques. La question des formes que revêt l’urbanité actuelle est au cœur de ses recherches, et elle débusque les flux et échanges humains dans les moindres plis des différentes natures d’espaces.

En 2017, elle développe ce sujet dans le Grand Paris, dans le cadre de la commande photographique nationale Les Regards du Grand Paris conduite par le Cnap et les Ateliers Médicis, dans son projet hybride Fiat Lux. 

Fervente amatrice du DIY et des techniques analogiques et numériques, elle utilise une très grande variété de dispositifs pour mener à bien chaque projet. De la fabrication de tomettes pour la Biennale de l’architecture disparue à l’impression 3D de spires pour développer artisanalement des films Super 8 pour Fiat Lux, le manuel, le tangible et la matérialité sont au centre de toutes ses préoccupations plastiques. La pratique du skateboard dès ses 14 ans orientera sa vision de la ville et sera la raison de ses études d’architecture, elle fera d’ailleurs son mémoire de master sur la figure du skateboardeur et son rapport à la ville. Lors du colloque international sur le skateboard Pushing Borders à Malmö, elle sera invitée à présenter son travail de recherche sur l’érosion de la ville par les skateurs (2019).

Son travail a été exposé dans des lieux publics tels que le musée Albert-Kahn (2013), le Frac Champagne-Ardennes (2019), le Salon de Montrouge (2012-2015-2019-2021), les Triennales d'architecture de Lisbonne (2013) et d'Oslo (2016), le programme Résonance de la Biennale de Lyon (2019), la Biennale de Design de Saint-Étienne (2022-2024), dans des galeries privées en France (Galerie Virginie Louvet, Galerie Double V) et à l'étranger (Intelligentsia Gallery, Unicorn Center of Art et Ying Space à Pékin, Philine Cremer Gallery à Düsseldorf, Projecto Casamaria en Uruguay). Elle contribue depuis de nombreuses années à différentes publications comme la revue Fig., Garagisme Magazine, Les Inrocks, Brain Magazine, Télérama, Antidote Magazine…

Géologies humaines

Texte de Pedro Morais, Le Quotidien de l'Art, 2019
Publié dans le cadre du programme de suivi critique des artistes du Salon de Montrouge

Sédimentalisme

Par Flora Katz
À propos de l'exposition Sédimentalisme, Galerie Virginie Louvet, Paris, 2016

Texte de Lise Guéhenneux

À propos du 57e Salon de Montrouge, 2012 (extrait)