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Biographie
Biographie
Géologies humaines
Texte de Pedro Morais, Le Quotidien de l'Art, 2019
Publié dans le cadre du programme de suivi critique des artistes du Salon de Montrouge
Géologies humaines
Texte de Pedro Morais, Le Quotidien de l'Art, 2019
Publié dans le cadre du programme de suivi critique des artistes du Salon de Montrouge
Sédimentalisme
Par Flora Katz
À propos de l'exposition Sédimentalisme, Galerie Virginie Louvet, Paris, 2016
Sédimentalisme
Par Flora Katz
À propos de l'exposition Sédimentalisme, Galerie Virginie Louvet, Paris, 2016
Une courbe en bois de hêtre s’appuie sur une paroi. Revêtue d’une peau noir ébène grâce à un brûleur au chalumeau, elle est devenue le terrain de jeu d’un skateur : il s’est élancé sur la courbe, pour la devancer, et laisser la trace vive de sa passion d’ado urbain sur le mur, une sorte de tag, au fusain. Le mouvement.
Le mouvement non pas provoqué, mais juste prolongé, étendu, sur les murs d’une galerie parisienne (Ashes 2 Ashes, 2016). Pas de subversion, juste, comme tous les passionnés, un amour du faire, qui parfois sort du cadre.
Camille Ayme voyage. Elle part sur la route, avec son appareil photo et une voiture. Formée notamment dans une école d’architecture, elle porte un regard averti sur les structures urbaines contemporaines, leur impact sur l’environnement, humain et écologique. Si la photographie est son métier, sa base de travail, cet outil d’enregistrement mécanique ne lui suffit pas. Bien sûr, Ed Ruscha, Eggleston, Stephen Shore ne sont pas loin (les États-Unis sont d’ailleurs un territoire de prédilection). Mais elle reste attachée à une expérience bien sensible, imprégnée de la matière du réel, et qu’elle ne défait pas de ses conditions : voiture, scooter, vélo, etc. ; c’est par eux qu’elle traverse les paysages.
Camille Ayme utilise le savoir faire d’une mécano pour traduire sa relation au mouvement / monde au-delà de la représentation. Ainsi elle présentera des roches de charbon brut baignées dans l’huile de vidange (Sédimentalisme, 2016), la carcasse du capot d’une Chevrolet Corvair 1964 sur lequel s’est égaré une carte des États-Unis imprimée sur un foulard en soie (What else is there, 2015), ou encore le film d’une voiture en train de dessiner des ronds dans le sol (Galop 7, 2012).
L’artiste allie cette méthodologie avec un regard bien spécifique sur les espaces qu’elle découvre. C’est celui d’une génération, née dans l’entre-deux, ni soixantehuitarde, ni millenium, sans internet, observatrice de l’avancée des technologies, témoin de la chute des idéaux politiques et conscient de l’anthropocène. Se dégageront de ses productions un sentiment prégnant, effet d’un constat d’absurdité qui ne peut pourtant se défaire d’une tendresse face aux espaces et à ceux qui les habitent.
Une ligne de pneus sépare une jeune fille de son horizon.
Se dessine au loin une ville aux couleurs chaudes.
C’est Seseña, une ville fantôme, emblème de l’échec du développement urbain de l’Espagne. En même temps que je regarde la photographie se dégage un parfum. Il me pique le nez, une image apparait. Mon premier ex du collège, qui m’a laissé tombé, et dont l’odeur était malgré moi partout, dans le métro, dans le supermarché. ck one, ce parfum presque écœurant de la génération des années 80 s’incarne dans un cône de construction en cire. Témoin en fuite, il se consume lentement pour se diffuser dans l’espace d’exposition.
(Corinne, Seseña, 2016) et (1997 et 1998, 2016)
Texte de Lise Guéhenneux
À propos du 57e Salon de Montrouge, 2012 (extrait)
Texte de Lise Guéhenneux
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